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Le 17 avril 1880, Samuel Farinet meurt dans les gorges de Saillon. Sous les balles des policiers à ses trousses depuis plusieurs mois ? D’épuisement et de faim ? De par sa propre volonté ? Derrière le mythe quelques faits historiques surprenants et (d) étonnants au sujet du célèbre faux-monnayeur.

1 – Du violon avant le violon

Dans ses jeunes années, Farinet joue du violon à l’office religieux. Le curé n’apprécie guère cet enfant de chœur musicien et le renvoie. Farinet sert encore la messe à l’hospice du Grand-Saint-Bernard. Il prélève sa dîme en dérobant de la nourriture dans la cave des chanoines.

2 – De longue laine

Farinet aura une fille – Marie-Célestine – avec Adelaïde Mochettaz. Lorsqu’il sera emprisonné, il lui tricotera un bonnet. Avec la laine restante, il se serait confectionné une corde lui permettant de s’évader.

3 – Fausse monnaie repérable

En Valais, Farinet a surtout « émis » des 20 centimes datés de 1850. Les pièces étaient en « métal argentin ». Avec 100 francs de cette matière première, Farinet réalisait pour 500 francs de monnaie bidon. Le rendu final était repérable car plus noir « que le bon argent ». De fait, on écoulait ces 20 centimes en connaissance de cause !

4 – Farinet chanté

Deux mois avant sa mort en 1880, un char de carnaval est dédié à Farinet. Un opéra a même été composé en son honneur.

5 – Pas certain que ce soit lui

La seule photo connue de Samuel Joseph Farinet serait aussi… une fausse. Elle ne correspond pas du tout aux descriptions des témoins de l’époque.

6 – Vive la polente !

Le 15 août 1871, Farinet s’évade de la prison de Valère grâce à un bidon de soupe à la polenta. Il le renverse sur la tête du gardien Berthouzoz et se fait la belle avec sept autres détenus. Il est arrêté six jours plus tard et reprend la fille de l’air le 9 juillet 1872.

7 – Condamné absent

Farinet a été condamné trois fois par contumace (le 14 août 1878, le 25 septembre 1878, 18 juillet 1879). Son avocat sierrois, Victor de Chastonay, a seul entendu la peine prononcée : 6 ans de prison et bannissement du Valais.

8 – Bonne prime et sale amende

Comme Farinet ne se livrait pas, le Conseil d’État promet une prime de 800 francs à ceux qui pourraient favoriser son arrestation (plus 400 francs de l’État italien qui le cherchait aussi). Par contre une amende de 300 francs frappe ceux qui l’aident.

9 – Gendarme amputé

Cyrille Rey, habitant à Corin.

Le gendarme Cyrille Rey, 31 ans, « ancien chasseur de chamois », est celui qui a le premier aperçu Farinet le 17 avril 1880. Il a pris le revolver pendu à sa ceinture et lancé les sommations. Au même moment, il a perdu l’équilibre, roulé sur « 150 pieds » et heurté violemment un gros sapin. Il s’en est sorti avec la face « horriblement meurtrie », un bras cassé et une jambe brisée que la faculté médicale devra amputer.

10 – Moustache et barbe rouge

Divers rapports officiels et médicaux décrivent le cadavre de Farinet. Deux sources indiquent qu’il portait une moustache rouge et une barbe de la même couleur. Sinon des cheveux blonds (de deux centimètres). Taille : 1 m 70.

Joël Cerutti

Source : « Farinet l’insoumis », Imprimerie Zufferey (Sion, 2002), « tirage confidentiel, clandestin et numéroté » (j’ai l’exemplaire 22), « toute reproduction autorisée dans tous les pays y compris l’azerbaïdjan, la suisse et les républiques bananières ». Livre « introuvable dans les bonnes librairies ». Il est signé par Pascal Thurre, Raphaël Roduit et Tharcisse Crettol.

PS: Il y aura une suite à ce premier article pour des raisons que tu comprendras fin septembre.

Cet authentique article sur un faux-monnayeur a pris du vrai temps. On le fait fructifier en le partageant?