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Virginie Jean communique avec l’âme des animaux. Par ses talents de médium et de guérisseuse, elle s’est taillé une belle réputation dans le milieu de la race d’Hérens. Depuis peu, elle a décidé de ne plus éparpiller ses énergies en s’occupant des humains. Rencontre.

 

Virginie Jean s’est dévouée avec plein de VTF dans sa vie. Cela entraîne des conséquences. Elle se contre-tape/contrefiche des conventions/convenances. Elle est, elle vit. Ce qui ne cadre plus avec les VTF se révèle des ratures de fioritures. VTF signifie bien entendu « Vaches Très Fabuleuses ! » Tu croyais quoi ?

Par ses dons, Virginie Jean communique avec l’âme des animaux. Les indications qu’elle reçoit lui permettent des soins de « reboutement intuitifs et énergétiques ». En une décennie, elle s’est attiré la confiance d’un milieu rude, celui de la race d’Hérens. Ces vaches hors du commun apprécient les vallées latérales, les alpages, les hauteurs. « Moins je suis proche de la plaine, mieux je me porte ! », milite Virginie devant moi, à la Médiathèque de Sion, dans les 512,80 mètres d’altitude. « J’ai de fortes affinités avec les régions de Bagnes, Entremont, Hérens et les gens qui y vivent. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu’ils sont plus proches de la terre, plus authentiques. Et il y a encore beaucoup d’éleveurs… » Loin de la « civilisation » proche du cœur montagnard, en sommes.

La nostalgie des temps anciens

En dehors de son travail de guérisseuse, Virginie tient avec son mari le Gîte de Lourantze, perché à 1800 mètres, pas loin du barrage de Zeuzier, Rawyl. En théorie, le long parcours jusqu’en ces lieux magnifiques devrait trier l’humain citadin et randonneur. En pratique« On ne profite plus du Rawyl, déplore Virginie. Il commence à y avoir trop de monde, c’est devenu trop lourd… » Le couple signe néanmoins en 2020 pour une saison supplémentaire. Sans doute l’ultime. J’en rajoute clairement une couche lorsque je lui cite Narcisse Praz – le Grand Philosophe Anarchiste Nonagénaire de Beuson – qui m’avouait avoir plus confiance envers les vaches que ses condisciples… Regard pétillant de Virginie qui réagit illico : « Ah ouais ! Clairement ! »

Comment ma chaleureuse misanthrope appréhende-t-elle le XXIe siècle ? « J’en discutais encore récemment avec mon mari, je pense que je ne suis pas née à la bonne époque. J’ai clairement la nostalgie des temps de ma grand-mère, de mes aïeux… »

Puisque je feuillette le registre, j’y reste et je parle à Virginie d’une de ses publications que j’ai repérée sur Facebook. Celle où elle annonce que, dorénavant, ses soins ne concerneront plus que les animaux. Elle abandonne les bipèdes. Nous. « Tu en as vraiment marre de l’homo sapiens ? », que je lui demande sous forme de boutade.

Si j’osais te décrire le sourire qui illumine son fin visage ! « Non, j’ai enfin fait le pas. Je ne veux plus mettre mon énergie dans des choses trop différentes. » Elle s’anime, Virginie. « J’ai mis en place le concept. Par exemple, pour le chien, je pars en balade avec lui et son propriétaire. Comme ça, on se retrouve tous en terrain neutre. En une heure, à l’extérieur, je peux mieux observer les interactions. » Les chats, Virginie s’en occupe souvent à distance, une fois la photo reçue. « Je me déplace s’il y a des interactions avec plusieurs animaux… »

 Vers l’homéopathie

Sinon, la soixantaine d’éleveurs qui l’a testée puis accordé sa confiance doit s’attendre à de douces révolutions progressives. « Il y a déjà chez eux la prise de conscience que l’on peut soigner leurs vaches autrement. Et moi j’ai vraiment envie de creuser autour des soins homéopathiques pour le bétail. On obtient de chouettes résultats. Je fais venir l’an prochain un vétérinaire de Gap, qui l’utilise dans les Hautes-Alpes, en France. Je lui ferai visiter Evolène durant la période de carnaval, on ira voir l’étable de Marius Pannatier pour qu’il comprenne ce qu’est la race d’Hérens. Et après, il pourra donner son cours complet ! J’en aurais aussi besoin. Pour le moment, j’étudie. Quand j’ai des doutes, j’appelle une amie du canton de Vaud qui est dans le domaine. Elle est chou parce qu’elle me répond toujours. Je n’ai pas une formation d’agricultrice, je dois apprendre en autodidacte, sur le tas… »

Je me permets de m’interrompre moi-même dans cet article avec une coupure volontaire et imagée. Je te (re) place ici une interview de Virginie réalisée l’an passé au Salon Synergie Santé. Je l’utilise à bon escient, avec les infos qu’elle recèle, et je te récupère juste après…

Dans d’autres rares interviews accordées, Virginie explique une enfance où elle devient orpheline de mère à 4 ans. Sa grand-mère l’élève aux Mayens d’Arbaz, en communion avec la simplicité de la Nature. Virginie possède déjà son don de médium et de guérisseuse, ainsi que sa connexion avec les animaux. Gamine, elle l’utilise sans doute spontanément, puis elle l’éteint quand ses camarades de classe l’estiment un peu trop hors normes. Cela reviendra en 2008 – après 13 ans d’un métier médical et « sérieux » – au décès d’un de ses oncles.

Vache coquine et morte de rire

Aujourd’hui, comment Virginie reçoit-elle, avec son bagage d’adulte, les informations délivrées par les vaches ? « Je les entends, je les ressens dans mon corps. Elles peuvent aussi me montrer des scènes, des images. C’est une race hypersensible, très émotive, elles sont superliées entre elles. » Du coup, impossible de tricher d’un côté comme de l’autre. « J’ai été appelée récemment à cause d’une vache qui rongeait la queue des autres dans le troupeau. L’éleveur n’arrivait pas à trouver la responsable. Lorsque je suis arrivée, c’était plus qu’évident. La coquine était morte de rire en me voyant. Sur le fond, elle était perturbée, elle ne trouvait plus sa place et c’était le moyen qu’elle avait pour le dire. Dans ce genre de cas, la situation se règle toute seule. J’interviens quand il y a un besoin… »

Les liens noués, cette fois avec les éleveurs et leurs familles, se prolongent aussi en messages médiumniques. « J’avais une amitié très forte avec un papa, par ailleurs sceptique au départ sur mes capacités, et sa fille. Lorsqu’il est mort, il s’est manifesté par le biais de Nicole Coudray, une amie médium. Depuis lors, il me fait souvent des petits clins d’œil. »

Virginie ne galope pas après la pub outrancière (« Les seules annonces que je publie, elles sont dans le Journal de la Fédération de la Race d’Hérens ») ni les journalistes. Deux articles depuis la naissance de son cabinet Espace Énergétique en 2010, tu as lu plus prolixe !

Néanmoins, le dernier en date – celui paru dans Le Temps en juin 2019 – l’a placée devant la caméra de la réalisatrice Marie-Eve Hildebrand et son documentaire «Les Guérisseurs» soutenu par le Pour-cent culturel Migros. « Elle m’a contactée grâce à ce portrait. Il s’agit d’un film sur la relation soignants/soignés qui devrait sortir en salles l’an prochain. Elle est venue tourner cet été à l’alpage de la Chaux. Cela n’a pas perturbé le troupeau. Les vaches sont venues lécher le cameraman. » Elles aussi ont donc adopté l’attitude VTF ! Virginie a déteint (ou vice versa, allez savoir !)

Joël Cerutti

Photos Nicolas Sedlatchek

Site : http://www.espaceenergetique.ch/

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